Et si le vent tournait ?

La Grèce a été au cœur des débats depuis des mois, il a été intéressant de discuter avec certains habitants de ce beau pays, berceau de notre civilisation, de passage en France.
Et si leur nation nous invitait à renverser la situation de pression fiscale ?

Le principe du panier percé !

Aujourd’hui, la Grèce, vit de façon plus extrême ce qu’il se produit aussi dans d’autres pays, notamment dans le nôtre. Le pays dépense plus qu’il ne collecte. Il vit à crédit. L’intérêt de la dette dépasse les capacités de rembourser : le panier est percé et il se vide plus vite qu’il ne se remplit. Les symboliques producteurs de pommes, ceux qui remplissent le panier, les contribuables, les prêteurs n’ont plus confiance.

Risible ?

Ce qui est drôle, c’est que l’on impose inlassablement aux producteurs de pommes de donner plus de leurs récoltes pour remplir le panier. Alors qu’il serait plus logique de réparer le trou du panier surtout quand il devient si « imposant » !

Une culture différente?

Les personnes que j’ai rencontrées mettent en avant que les citoyens grecs ne payent pas d’impôts et qu’un changement culturel où l’impôt est respecté est nécessaire. Certes, c’est évident ! Mais il faut bien se rendre compte de la réalité éphémère de cette stratégie : si le panier reste troué…

Que représente le trou du panier ?

Tout le monde y voit ses démons, les personnes rencontrées y voient avant tout les montants de dettes et leurs intérêts dus aux banques qui dépassent l’entendement, et, je cite, « dépassent les montants que les mafias les plus cruelles prélèvent à leurs protégés ». D’autres y voient les insupportables détournements d’argent public d’un gouvernement corrompu, ou encore des mesures sociales utopiques et coûteuses. Peut être est-ce un peu de chaque ? Ce qui est certain, c’est que si le panier reste percé…

La nature nous montre l’exemple des symptômes ?

Ce qui est vrai à l’échelle des systèmes du corps, l’est aussi au niveau de la Grèce et de l’Europe. Lorsque les systèmes sont en difficulté, ils peuvent être compensés par les autres… Jusqu’à une certaine limite ! Ensuite le système général sombre. L’intérêt des symptômes est justement d’éveiller aux changements à effectuer, car ils sont vitaux.

L’ajustement à faire est capital !

Actuellement, la pression, notamment fiscale, est volontiers mise sur les producteurs de pommes mais beaucoup se plaignent que cette pression soit mise sur ceux qui participent déjà, et trop peu sur ceux qui ne participent pas encore ! Ce qui à l’échelle du corps revient à demander à des organes trop sollicités de travailler encore plus et donc de risquer une crise, comme une crise cardiaque (quand le cœur n’y est plus ?) et mettre en danger le système complet (car plus personne ne voudra y participer) !

Ne serait-ce pas du coté du panier percé qu’il faudrait utiliser notre système de pression fiscale ? Ne devrait-on pas utiliser nos inspecteurs fiscaux à redresser les abus à grande échelle ? Il en va de la survie de notre système ! Lâchons les producteurs pour qu’ils retrouvent la joie de produire, et réparons au plus vite le panier! Au lieu de taxer des petits contribuables pour renflouer péniblement un panier scandaleusement percé, attaquons nous à la racine du mal, à ceux qui abusent en prêtant ou détournant grossièrement par milliards ! A quoi travaillent les agents ? A mettre la pression sur les petits producteurs afin de permettre aux gros abus de perdurer? Inversons la pression !

Nicolas Proupain

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